Georges Payen (1921-….)

  • État civil : 07.06.1921 | ….
  • Profession : néant
  • Organisations : réseau Pat O’ Leary, mouvement OCM
  • Pseudonyme : Jacques Bernard
  • Fonctions : propagande, sabotage, aide à l’évasion
  • Distinctions : néant

Georges Payen est né le 7 juin 1921. Fils d’un ancien combattant de 14-18, prisonnier pendant quatre années en Allemagne, il grandit dans des idées patriotiques et antinazies. Il a pour instituteur à Bléquin Henri Dacquembronne. Il fait ses premiers défilés politiques en 1936.

Une implication précoce et spontanée

Influencé par l’appel du général de Gaulle entendu lors d’une rediffusion, il se décide à agir. Pour ce faire il donne des vêtements aux soldats anglais cachés dans les marais, et cherche à effectuer de petites actions. En 1942 il reprend contact avec Henri Dacquembronne. Celui-ci a mis en place une organisation avec François Havet, notaire à Lumbres. Sans le savoir, Georges entre dans le mouvement OCM. Dès lors il mène à bien une grande diversité d’action : il inscrit des « V » sur les murs, distribue des tracts, des journaux clandestins, arrache des affiches, crève des pneus, sabote des essieux de trains, détruit du matériel allemand, note les numéros des véhicules pour connaître les unités stationnées, sabote des motocyclettes allemandes, garde et déplace un poste émetteur pour éviter que les Allemands ne le repère… et même urine dans une marmite que les soldats allemands utilisaient pour cuisiner dans la cour de ses parents !

Des missions aussi diversifiées que risquées

À partir d’août 1943, suite à sa convocation au S.T.O., il se retrouve dans l’illégalité, et trouve refuge dans une ferme.

Ses principales missions sont dans le renseignement, avec le signalement des rampes de lancement des V1, nombreuses dans sa région. Il s’occupe aussi de faux papiers, ayant lui-même une fausse carte d’identité au nom de Jacques Bernard. Plusieurs fois il convoie des personnes recherchées, pour leur permettre de rejoindre des filières d’évasion. Il est ainsi chargé d’un Italien, d’un Russe, de trois aviateurs dont un Américain. Pour pouvoir reconnaître et faire confiance à la personne à qui il les confie, il a en sa possession la moitié d’un billet de 5 francs, et le reconstitue avec l’autre moitié aux mains de l’autre résistant. Il est aussi chargé de récupérer des armes, et parvient, entre autres, à voler une mitraillette à un soldat allemand.

Les combats de la Libération

Ayant échappé à la grande rafle qui touche son mouvement et la région de Lumbres en décembre 1943 (et qui voit la capture d’Henri Dacquembronne et de François Havet, tous deux morts en déportation), il peut participer aux combats pour la libération au cours de l’été 1944. Responsable de secteur, il commande le détachement, de Nielles-les-Bléquin qui organise la récupération des Allemands en déroute, et fait 35 prisonniers.

Après la libération ses actions ne sont pas terminées : il rejoint l’armée canadienne avec son groupe et participe aux combats à Dunkerque jusqu’à la fin du mois de mai 1945.


Sources et documentation
  • Témoignage Georges Payen 
  • Francis Rochas, Entretien, Mémoires de guerre (CHHP), Hugues Chevalier, Crashes…, p 133

Auteur(s) : René Lesage