Eugène, Marie et Julien Catez

  • États civils : Eugène, 17.03.1871 à Haut-Loquin | 1943 à Brêmes-les-Ardres ; Marie, 01.05.1886 | 30.12.1974 à Brêmes-les-Ardres ; Julien, 15.02.1921 à Brêmes-les-Ardres | 15.02.1990 à Calais
  • Professions : maraîchers-cressiculteurs
  • Organisation : néant
  • Pseudonyme : néant
  • Fonction : aide à des aviateurs alliés
  • Distinctions : Croix de la Légion d’honneur

Depuis mai 1940, les armées allemandes occupent la localité de Brêmes. Le 14 août 1940, la Feldgendarmerie arrête, sur dénonciation par lettre anonyme, en présence de M. François, maire de la commune, et de Me Blondel, le notaire, les époux Catez et leur fils Julien âgé de 18 ans. Marie Vanbelle et Eugène Catez se sont mariés en 1927, et Julien est un de leurs huit enfants, alors âgé de 18 ans. Ils exercent le métier de maraîchers-cressiculteurs, rue du Lac à Brêmes.

Une famille impliquée très tôt dans la résistance

On leur reproche d’avoir caché deux soldats anglais dans les fours de la briqueterie, à 150 mètres de leur demeure. C’est le jeune fils des Catez, Lucien, âgé de quatorze ans, qui les avait découverts. Il s’agissait de Walter Dixon et de Walter Ashurst, deux fantassins de vingt ans. Chaque jour et pendant trois mois, les Catez les pourvoient de vivres, aidés parfois par des habitants sûrs. Ces jeunes gens se montrent d’ailleurs imprudents, se promenant dans le village voire dans les environs, à la merci des contrôles allemands. L’un des Anglais parvient même à prendre contact avec un mystérieux commandant de Coulogne qui envisage leur rapatriement au moyen d’un bateau. Seulement, ils ne peuvent mettre ce projet à exécution, car ils sont arrêtés en même temps que ceux qui les ont hébergés.

Arrêtés, internés et déportés

Un officier allemand  interroge tout d’abord les Catez et les laisse en liberté provisoire, après que l’épouse et mère ait tout pris sur elle. Le 27 août, les Allemands reviennent et arrêtent de nouveau la famille qu’ils emmènent à la gendarmerie d’Ardres où elle passe la nuit. Le lendemain, la famille Catez est amenée à la mairie de la ville, un officier allemand la juge et condamne à dix-huit mois de prison. Le même jour, la police allemande les amène en voiture à la prison de Loos. Marie y séjourne trois mois. « Elle reste dans ces moments douloureux la femme forte, la femme indomptable dans tout le sens du mot » a déclaré M. François.

Puis c’est le départ en déportation, le 16 novembre 1940. Les autorités transfèrent la famille Catez avec d’autres prisonniers à la prison d’Aix-la-Chapelle. Huit jours plus tard, les Catez repartent pour la prison de Cologne, où ils restent huit jours avant d’être envoyés à la prison d’Aïchach en Bavière pour une durée de huit mois. En cellule, on les somme d’effectuer des travaux de couture sur des vêtements récupérés sur des soldats allemands morts. En juillet 1941, ils gagnent la forteresse d’Anrath pour travailler journellement à Düsseldorf dans une fabrique de sacs. Les deux soldats, quant à eux, sont emprisonnés à Reinbach.

Une famille terriblement éprouvée mais finalement libérée

Les trois condamnés terminent leur peine le 26 novembre 1941. Très vite, Marie retrouve son mari et son fils à la frontière belge. La famille peut regagner son village, mais Eugène, durement éprouvé, est mourant et décède quelques mois plus tard. On rapporte que leur chien, ayant pressenti le retour de ses maîtres, est venu les chercher jusqu’à la gare de Pont-d’Ardres, à une dizaine de kilomètres de leur habitation.

« Elle a été une bonne et grande Française et peut être citée en exemple aux jeunes générations » dira le Maire de Brêmes-les-Ardres en 1952.

Marie Catez-Vanbelle a refusé la Légion d’Honneur. Son mari l’avait reçu à titre posthume et elle estimait qu’ils ne faisaient qu’un. Elle est décédée le 30 décembre 1974 à Brêmes-les-Ardres.


Sources et bibliographie
  • Robert Chaussois, Calais 1939-1945. Zone interdite, p. 68-73
  • René Lesage, 100 figures de la Résistance dans le Pas-de-Calais, Éditions les Échos du Pas-de-Calais, novembre 2013

Auteur(s) : Antoinette Boulanger-Debourbiaux